Top 10 I Des petits commentaires de Richard Ferrand dans son dernier livre

Top 10 I Des petits commentaires de Richard Ferrand dans son dernier livre

21 février 2020 Non Par Débat Retraites

Dans son livre Nos lieux communs, le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand interroge la démocratie, le rôle de l’Etat et du citoyen.

 

A l’heure de l’ouverture des débats sur la réforme des retraites, il est difficile de s’y plonger sans faire un certain parallèle avec le contexte actuel. Petits morceaux choisis …

« On n’a jamais pu réformer contre la volonté du pays, comme « on ne change pas la société par décret ». » p.21

 « Je ne suis pas inquiet de nature, mais je ne peux manquer de m’alarmer de l’absence de confiance en notre pays que manifestent des millions de Françaises et de Français. » p.169

« Quantitativement, nous débattons beaucoup au sein [de l’hémicycle]. Mais débattons-nous de l’essentiel ? L’impression peut naître que nous esquivons parfois les questions les plus prégnantes de peur que l’échange ne dégénère. Le débat repose sur la valeur que l’on accorde au pluralisme : débattre, c’est admettre que l’autre puisse avoir des idées autres, et même…puisse avoir raison. Si l’on accorde pas de valeur à l’autre, si l’on ne respecte pas le pluralisme, il reste la boxe. » p.140

« A commander sans payer, l’Etat sera rapidement accusé d’avoir des oursins dans la poche et d’imposer des exigences coûteuses dont il s’épargne le financement. » p.35

« Comme toute réforme d’ampleur, la réforme des retraites engagée par le gouvernement soulève des inquiétudes. Je ne veux pas provoquer inutilement. Mais pourquoi ne pas proposer un service civique à compter de l’âge légal de la retraite ? Beaucoup de nos concitoyens ont alors encore de longues années à vivre en bonne santé, et surtout tant de choses utiles à transmettre. Ouvrir cette possibilité, quitte à l’accompagner d’avantages incitatifs, témoigne du fait qu’il n’y a pas d’obsolescence des êtres humains. Les compétences acquises au long d’une vie professionnelle trouveraient à s’employer utilement à la fin de la carrière professionnelle. » p.143-144

« Il est évident que le service public n’a plus à « gérer » des administrés mais à nouer une bonne relation avec des citoyens, qui ont des attentes de consommateurs ou de clients. » p.45

 « Le débat politique manque souvent de profondeur et de cette lenteur propice à l’écoute et à la réflexion autonome. La communication politique a fini par imposer son rythme à la politique. » p.155

« Oui, une part significative des Français vit les réformes engagées depuis presque cinquante ans comme autant de punitions sur leurs revenus ou leurs conditions de vie. Et cette France a le droit d’être entendue. » p.160

« Il faut être sobre de nouveautés en matière de législation, parce que s’il est possible, dans une institution nouvelle, de calculer les avantages que la théorie nous offre, il ne l’est pas de connaître tous les inconvénients que la pratique seule peut découvrir. » citation de Portalis, p.57

 « Bref, on ne sait plus toujours où l’Etat erre. » p.29

FERRAND Richard, Nos lieux communs, éd. La Fondation Jean Jaurès, l’Aube, 2020