« Si on ne fait rien, il n’y aura plus de système de retraites dans 15 ans »

« Si on ne fait rien, il n’y aura plus de système de retraites dans 15 ans »

3 février 2020 Non Par Débat Retraites

Mounir Mahjoubi, député LREM de Paris et ancien secrétaire d’Etat au numérique a dit dimanche 26 janvier sur le plateau de France Info : “Si on ne fait rien, il n’y aura plus de système de retraites. Si on accepte le statu quo, qu’on laisse tous les régimes spéciaux, qu’on ne fait pas la retraite à point, qu’on ne trouve pas des mesures de financement, il n’y aura plus de système de retraites pour les générations qui viennent […] c’est ça qui nous mènerait à une retraite par capitalisation”.

Mounir Mahjoubi présente donc la mise en place d’un système universel de retraite comme indispensable pour assurer la pérennité de notre système des retraites.

Le fameux rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) commandé par le Premier Ministre en septembre 2019 dresse un constat loin d’être aussi alarmiste : le niveau de dépenses liées aux retraites sera globalement stable en France entre 2018 et 2030 (entre 13,5 % et 14 % du PIB quel que soit le scénario de croissance retenu). Il n’y a donc aucune explosion des dépenses de retraites ces prochaines années et aucune urgence à réformer.

Le Conseil d’orientation des retraites prévoit néanmoins un déficit entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros dans les caisses du système de retraites pour 2025. Mais ce déficit n’est pas la conséquence du vieillissement de la population, c’est la conséquence de décisions du gouvernement : exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires, baisse du nombre de fonctionnaires…C’est donc le gouvernement, par ses décisions, qui a créé ce déficit !

Et si il y avait autant urgence à trouver de nouveaux financements, pourquoi réduire les cotisations des Français les plus aisés comme le propose cette réforme ? En effet, la tranche de salaires comprise entre 120.000 et 329.000 euros par an ne sera plus soumise à cotisations vieillesse dans le futur régime universel de retraite. Une mesure qui devrait coûter entre 3,7 et 4,2 milliards d’euros par an,  près de 72 milliards de perte sur quinze années !

Difficile pour les membres de la majorité de justifier l’allongement du temps de travail en l’absence d’éléments financiers défavorables à l’actuel système de retraites. Le gouvernement manipule le rapport du COR et tient un discours catastrophiste pour faire passer sa décision de repousser l’âge auquel les Français pourront partir à la retraite à taux plein : le fameux “âge d’équilibre” à 65 ans ou plus.

Cette déclaration nous rappelle que, loin de vouloir simplifier un système complexe ou le rendre plus juste, cette réforme des retraites est purement budgétaire. Elle vise à réduire la part des dépenses de retraite dans le PIB à moins de 13 %  en 2050 comme l’a révélé projet de loi du gouvernement, au risque d’entraîner une baisse des pensions.