Top 10 I Quand les économistes passent au crible l’étude d’impact

Top 10 I Quand les économistes passent au crible l’étude d’impact

7 février 2020 Non Par Débat Retraites

Dans son édition de jeudi, Le Monde a proposé à plusieurs économistes de “passer au crible” l’étude d’impact sur la réforme des retraites. Et leur constat est implacable.

Ce que l'étude d'impact ne dit pas

L’étude d’impact, qui devait apporter clarté et transparence, ne donne pas tous les éléments pour permettre un débat serein. Les parlementaires se trouvent dépourvus de plusieurs analyses clés pour discuter sur la base de faits établis. C’est dommage pour la réforme, mais surtout pour notre démocratie.

L’étude d’impact ne dit rien sur les conséquences économiques et budgétaires de la réforme. Il n’y a qu’une chose sur laquelle l’étude d’impact est claire : c’est sur la baisse des dépenses de retraite (de 0,9 point de PIB) à l’horizon 2050.

L’étude d’impact ne démontre en rien les prétendus effets redistributifs de la réforme, c’est à dire de ses effets pour rendre notre système de retraites moins inégalitaire qu’il ne l’est aujourd’hui.

L’étude d’impact ne dit rien sur la façon dont le gouvernement compte atteindre la fameuse « règle d’or ». Le gouvernement met l’équilibre financier du système au cœur de sa réforme mais oublie totalement de préciser comment il arrive à cet équilibre.

L’étude d’impact “oublie” complètement les femmes et les spécificités de leurs carrières. Les cas types présentés dans l’étude d’impact correspondent à des trajectoires typiquement masculines (et sans enfant !) qui ne permettent donc pas d’appréhender l’effet de la réforme sur les femmes.

Ce que l'étude d'impact révèle

L’étude d’impact révèle un creusement des écarts de pension en faveur des hautes rémunérations et donc des cadres supérieurs.

L’étude d’impact révèle que le fameux “un euro cotisé donne les mêmes droits” a des conséquences négatives sur les bas salaires. En effet, aujourd’hui, un euro cotisé sur un bas salaire donne plus de droits que sur un haut salaire.

L’étude d’impact révèle que l’abandon d’une logique de durée (nombre de trimestres cotisés) au profit d’une logique d’âge d’équilibre avantage les personnes ayant fait de longues études,surtout si celles-ci débouchent sur un emploi bien rémunéré.

L’étude révèle que le gouvernement envisage une forte paupérisation des enseignants et plus généralement des fonctionnaires dans les années qui viennent.

L’étude d’impact révèle un système plus inéquitable qu’universel qui ne prend pas absolument pas en compte les inégalités sociales, les écarts de salaires et les différences d’espérance de vie entre les différentes professions.